TPE 1ère Partie
Retour Coin lecture
Intro 1ere Partie 2e Partie 3e Partie Lexique
1.1.2. Comment décrire le mouvement « idéal » pour un sprinter ?
Pour introduire le rôle du mouvement dans un sprint, nous pouvons le définir comme un sport qui consiste à aller le plus vite possible sur une distance allant du 50m au 400m. Par ailleurs le sprint peut se décomposer en 3 phases assez distinctes. La première phase est celle du départ en lui-même, l'athlète pousse dans les blocks. La seconde étape consiste en une prise de vitesse progressive jusqu’à ce que cette phase, dite de poussée, devienne inefficace. Ensuite la troisième phase intervient juste à l’apogée de la phase de poussée. Il s'agit de passer d’une position de poussée, où le centre de gravité est bas, à une position où le centre de gravité est au plus haut et servant à maintenir efficacement la vitesse acquise. Cette dernière étape complémentaire de la précédente est appelée phase de placement ou de maintien de vitesse. Elle s’étend jusqu’à la fin de la course. Cependant ceci reste théorique, car jamais un coureur évoluant sur un 400m n’a su rester uni jusqu’à la ligne d’arrivée. On peut également ajouter que quelque soit la distance à parcourir, la phase de poussée s’étend de 15 à 30m pour les meilleurs.
Comme chaque individu sur terre, les sprinters sont soumis aux lois physiques. Le mouvement recherché aura donc pour objectif d’utiliser au mieux ces forces physiques inébranlables. Nous avons réussi à montrer lors de l’expérience faite ci-dessus qu’il existe bien des mouvements et positions plus appropriés pour ce type d’effort.
En effet le coureur cherchera d’abord à allier une amplitude de foulée importante à une fréquence de pas la plus grande possible. Ce mouvement devra donc permettre au coureur de développer au maximum sa foulée sans pour autant ralentir le mouvement. Pour les coureurs évoluant sur 400m, ce mouvement aura de même pour but d’être le plus économe possible en énergie, carl’effort reste long malgré ce que l’on peut imaginer.
Tout d’abord on peut préciser que des études ont montré que la fréquence de pas ne varie que très légèrement pour les athlètes de haut niveau. La fréquence est un point important qu’il ne faut pas négliger, mais il semble que l’amplitude associée à cette fréquence soit indispensable pour faire la différence lors d’une course.
L’amplitude doit être un atout et non un inconvénient pour la fréquence. Comment modéliser donc ce mouvement ?
Avant de le modéliser il faut ajouter que l’amplitude alliée à la fréquence n’est pas la clef du mouvement « idéal ». En effet des spécialistes du mouvement ont mis en exergue l’importance de la force appliquée par le pied au sol. Le simple organe du pied est en fait pour le sprint presque la clef de la performance. Mis à part la force qu’il doit exercer sur la piste, il doit également adopter un certain cycle accompagnant le cycle de jambe. Ce cycle de pied, appelé aussi poulaine ( cycle de la pointe du pied par rapport à la hanche ) du pied, est indispensable et il est très utile pour dicter le cycle de jambe à développer.
Superposition et comparaison des « poulaines » pour différentes vitesses de course :
.gif)
___noir : course de 100 m ; ___vert : course de 800 m ; ___rouge : course de 10000 m
Pour en revenir à la force d’appui, les chercheurs ont réussi à montrer que plus le pied exerce une force importante sur le sol, plus le mouvement sera efficace et par conséquent le chronomètre. Néanmoins cette force d’appui au sol reste difficile à travailler, donc ce point semble être l’élément clef pour la course de sprint.
Finalement le mouvement devra allier 3 éléments tout en essayant de les faire exprimer au maximum de leur efficacité. Il devra faire en sorte que le coureur acquiert une fréquence très élevée, alliée à une amplitude de foulée la plus grande possible et en essayant au maximum d’exercer une force d’appui au sol importante.
Comment modéliser alors ce mouvement apparemment « idéal » avec les forces s’exerçant sur le coureur?
Légende : pour un individu de 73kg
- En bleu figurera le vecteur force assimilable à la réaction du support ( R=715.4N, soit environ 3.60cm sur le schéma ).
En rouge le vecteur force caractérisant le poids ( P=-715.4N, soit environ 3.60cm sur le schéma ).
En orange le vecteur assimilable la force de poussée exercée pas l’individu sur le sol
En vert le vecteur qui représente la force de « traction », en fait la résultante de la force de poussée et du poids.
Le point vert représentera le centre de gravité de l’individu.
Le départ en starting-block reste assez simple. Le starting-block est constitué tout d’abord de 3 éléments : 2 cales pieds et une armature pour maintenir les deux cales pieds. Les cales pieds doivent être disposés de part et d’autre de l’armature à des niveaux différents ( il ne doivent généralement pas être l’un à côté de l’autre ). Au « A vos marques » l’athlète se met en position avec ses pieds en appui sur les deux cales pieds. Il faut que ses bras soient tendus sous ses épaules derrière la ligne de départ, sa tête baissée le regard au sol pour la plupart. Le genou de la jambe où le pied est le plus loin doit être posé au sol, alors que l’autre genou doit être relevé légèrement. Au « prêt ? », l’athlète garde ses bras tendus, mais doit lever ses hanches en décollant ses genoux du sol. Au « top ! », il doit lancer son genou de la jambe dont le pied était le plus en retrait en développant son autre jambe avec le plus de force et de vitesse possible. Ses bras doivent être actifs en position alternée à celle des jambes du même axe :
.gif)
.gif)
A vos marques !
Prêt !
La phase de poussée débute au « top ! » et se caractérise par la prise de vitesse. La force d’appui au sol doit être très importante et le centre de gravité doit se lever progressivement sur une distance allant de 15 à 30m. Cette phase requiert une faible amplitude, mais une fréquence et une force d’appui très fortes. Les bras doivent également suivre le mouvement opposé des jambes. La jambe de poussée doit se développer au maximum avec un angle derrière le genou d’environ 160°. La pointe de pied doit être sans arrêt levée, sauf quand celui-ci touche le sol où il doit attaquer la piste en se déployant au fur et à mesure jusqu’à ce qu’il quitte de nouveau la piste. La colonne vertébrale doit être alignée avec la jambe de poussée dans le début de la poussée. Ainsi la tête reste dans l’alignement le regard sur la piste :
.gif)
La phase de placement consiste à maintenir la vitesse acquise lors de la phase de poussée à son maximum (et voire même à l’augmenter légèrement mais c'est trés rare et inutile sur sprint court). Cette étape demande un parfait équilibre entre la fréquence, l’amplitude et la force d’appui. L’amplitude doit être au maximum des capacités du sprinter tout en gardant une fréquence de foulée très importante et une force d’appui également forte. La jambe d’appui doit comme précédemment se développer de manière importante ( ~160° derrière le genou ), mais le centre de gravité est le plus haut possible et la colonne vertébrale doit presque être en alignement perpendiculaire au sol mais penchée un peu vers l’avant pour que le haut du corps soit actif et aide à aller de l’avant. Les bras doivent effectuer le même travail que lors des autres phases. La tête doit être toujours alignée avec la colonne vertébrale mais cette fois les yeux rivés vers l’arrivée. De plus les jambes doivent effectuer ce que l’on appelle un cycle de jambe avant, c’est à dire que les jambes doivent effectuer un mouvement le plus direct possible, en essayant de monter les genoux presque au niveau des hanches pour la jambe ne servant pas d’appui :
Représentation du coureur lors d’un cycle complet de course :
.jpg)
Précautions :
Ce type de mouvement « idéal » est théorique, seul très peu de sprinters sont capables de le réaliser. On peut ajouter que selon la morphologie du coureur la technique à adopter sera différente, c’est pourquoi nous ne pouvons donner trop de valeurs représentatives en ce qui concerne les angles que les segments du corps devraient développer. De plus ce mouvement est dit « idéal », car la plupart des sprinters de haut niveau l’utilise. Cependant on peut de temps à autre remarquer certains coureurs de très bon niveau n’ont pas du tout assimilé ce type de mouvement. En effet récemment une finaliste du 100m des Jeux olympiques d’Athènes courait en total déséquilibre avec le bas du corps en retard tout le long de la course par rapport au haut du corps.
Retour Coin lecture
Intro 1ere Partie 2e Partie 3e Partie Lexique
